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CYCLE FASSBINDER
ET L’ALLEMAGNE DE SON TEMPS

Je me demande souvent où je me situe dans l’histoire de mon pays ? pour- quoi suis-je allemand ? (R.W.Fassbnider)

Rainer Werner Fassbinder est incontestablement le héros cinématographique des années soixante dix ! Il laisse une œuvre théâtrale et cinématographique imprégnée par l’histoire , la politique, et la réalité quotidienne, parfait moulage d’une époque.

Depuis la disparition du cinéaste le 10 juin 1982, son œuvre prend chaque année une importance croissante, importance esthétique, et idéologique allemande et européenne. D’une fécondité rare :, En dix sept ans de 1965 à 1982, il aura laissé quarante films et des œuvres de théâtre et de télévision, non sans être acteur pour d’autres réalisateurs !

Il est l’artiste qui permet aujourd’hui de comprendre ce que fut le retour et l’installation de la démocratie en Allemagne, démocratie partagée entre les politiques majoritaires et l’évidence des minorités (culturelles sociales et sexuelles) .Entre la paix retrouvée et certaines violences inévitable.

Ces trois films vous seront commentés par Denitza Bantcheva, auteure et critique de films et membre du jury du prix Lumière, qui a dirigé un ouvrage collectif Fassbinder l’explosif (Editions Corlet et Arte diffusion, 2005).


SÉANCE 1

Samedi 22 Mars 2019, 10h30

LOLA, UNE FEMME ALLEMANDE
de Rainer Werner Fassbinder

Film allemand 1981, 113 min, avec Barbara Sukowa et Armin Mueller Stahl

Comment Rainer Werner Fassbinder auteur le plus « explosif » de l’Allemagne d’après-guerre a-t-il dépeint l’évolution de son pays ?
C’est ce que montrera, ce cycle de trois films ouvert avec Lola, un des volets de sa trilogie allemande.

À la fin des années 1950, dans une petite ville de Bavière, l’affrontement entre l’urbaniste Von Bohm et les notables menés par l’entrepreneur Schuckert qui s’enrichissent grâce à la reconstruction de la ville. Von Bohm s’éprend de Marie Louise sans savoir qu’elle est plus connue sous le nom de Lola, la plus célèbre prostituée de la ville dont Schuckert est le souteneur !

Film politique avec des allusions au réalisateur Douglas Sirk et surtout à l’Ange Bleu de Josef von Sternberg

Dans les années 1950, la grande affaire, c’est la reconstruction : il y avait une morale hypocrite, qui n’excluait pas une amoralité implicite et acceptée. Cette reconstruction ne pouvait être menée à terme qu’à condition de ne pas trop regarder aux bavures !

Peut-on mener réflexion plus amère sur le passé de son pays ?

Après la projection, rencontre avec Denitza Bantcheva, auteure, critique de film, membre du jury du prix Lumière qui a dirigé un collectif « Fassbinder l’explosif » (Ed. Corlet, 2005)

Cinéma le Saint-André-des-Arts
Salle 3
12 rue Gît-le-Cœur 75006 Paris
(RER St Michel ou Odéon ; bus : 38, 85, 96, 21, 27, 63, 87)
Tarif :6,50€ et 5€ pour les adhérents Ciné Histoire avec leur carte

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SÉANCE 2

Samedi 20 avril 2019 à 10h30

LE SECRET DE VERONIKA VOSS
de Rainer Werner Fassbinder

Allemagne, 1982, 1h42, avec Rosel Zech et Armin Mueller Stahl

Fassbinder s’est inspiré de la vie de Sybille Schmitz, (actrice de Karl Dreyer) qui fut la favorite de Goebbels avant qu’il ne la mette sur liste noire.

En 1955, Robert Krohn, journaliste sportif, s’éprend de Veronika Voss, grande star déchue du cinéma d’avant-guerre. Il découvre que Véronika, morphinomane, vit sous la coupe du Dr Katz, prédatrice qui se débarrasse de ses patients après avoir extorqué leurs biens. Robert et sa compagne réunissent les preuves pour faire tomber Katz et ses acolytes.

À l’opposé de la flamboyance de Lola, ce film est un somptueux noir et blanc, le blanc étant ici capital. Veronika est rongée par le souvenir pesant du nazisme, souvenir de sa gloire passée de star sous le IIIe Reich dont elle se fiche de la barbarie ! Rien n’était plus important que les lumières et l’admiration d’un mari aimant !

Le secret de Veronika n’est pas son fix quotidien, mais le fait que elle et le couple de juifs soient broyés par un complot de crapules cherchant à les effacer de l’histoire. La drogue est ici le symbole de l’amnésie.

Cette œuvre crépusculaire reçoit l’Ours d’or de Berlin 1982, année de la mort de Fassbinder par overdose, après avoir réalisé trente-huit films en dix-sept ans !

Après la projection, rencontre avec Denitza Bantcheva, auteure, critique de film, membre du jury du prix Lumière, qui a dirigé un livre collectif Fassbinder l’explosif

Cinéma le Saint-André-des-Arts
Salle 3
12 rue Gît-le-Cœur 75006 Paris
(RER St Michel ou Odéon ; bus : 38, 85, 96, 21, 27, 63, 87)
Tarif :6,50€ et 5€ pour les adhérents Ciné Histoire avec leur carte

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SÉANCE 3

LA TROISIEME GENERATION
De Rainer Werner Fassbinder

Allemand 1979 – 105’ – avec Hanna Schigulla, Harry Baer, Hark Bohm, Eddie Constantine, Bulle Ogier…

La question du terrorisme telle qu’elle s’est posée en Allemagne dans les années 70 avec la bande à Baader et la fraction armée rouge devait un jour pas- ser par Fassbinder qui n’a cessé de scruter son pays et ses violences.

Le titre du film fait référence aux trois générations du terrorisme, sujet malheureusement très en vogue !

La première génération était celle de 68. Des idéalistes qui voulaient changer le monde, et pensaient pouvoir le faire avec des mots et des manifestations.

La seconde, le groupe Baader Meinhof, passa de la légalité à la lutte armée et à la criminalité.

La troisième qui est décrite ici agit sans réfléchir, n’a ni idéologie ni politique, et se laisse manipuler sans le savoir.

La troisième génération est un vision du terrorisme déjà étonnamment pleine de distanciation, un peu à la manière d’une pièce de théâtre.

Après la projection, rencontre avec Denitza Bantcheva, auteure , critique de films membre du jury du prix Lumière qui a dirigé un collectif “Fassbinder l’explosif” (Ed Corlet 2005)

Cinéma le Saint-André-des-Arts
Salle 3
12 rue Gît-le-Cœur 75006 Paris
(RER St Michel ou Odéon ; bus : 38, 85, 96, 21, 27, 63, 87)
Tarif :6,50€ et 5€ pour les adhérents Ciné Histoire avec leur carte

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SÉANCE « DAVID ROUSSET »

Nous préparons pour le mardi 9 avril à l’Auditorium de l’Hôtel de Ville une séance sur David Rousset, sous l’égide de la Maire de Paris et en partenariat avec l’association Buchenwald Dora et Kommandos.

David Rousset, journaliste, écrivain, dirigeant du mouvement trotskiste avant-guerre, est l’auteur d’une des premières descriptions de la société concentrationnaire parue en 1946 sous le titre L’univers concentrationnaire, Prix Renaudot 1946. Puis, l’année suivante, il publie un roman de 800 pages : Les Jours de notre mort. Il n’aura de cesse par la suite, jusqu’à son décès en 1997, de dénoncer tous les systèmes concentrationnaires dans le monde, de l’URSS à la Chine, mais aussi, dès la fin des années 1940, de Grèce, d’Espagne et de Yougoslavie, sans oublier son voyage en Algérie avec Germaine Tillion dans le cadre de la Commission internationale contre le régime concentrationnaire (CICRC), qu’il avait créée avec l’appel aux déportés de 1949.

Ces rapprochements, dans le contexte de la guerre froide, lui valurent de nombreuses critiques de ses camarades déportés français et sont à l’origine d’un schisme dans le mouvement déporté.

Pour cette séance, entrée libre sous condition d’inscription : contact@buchenwald-dora.fr